Efficience des marchés : de la théorie à la pratique… (suite)

Nous avons abordé hier la notion de marché et de portefeuille efficient. Un vaste sujet qui mérite quelques commentaires.

Le fait de vouloir construire un portefeuille efficient est tout à fait légitime, et je dirais même que c’est ce que cherche à faire n’importe quel investisseur lambda qui se soucie de ses placements financiers, sans forcément en avoir conscience. Si vous avez des fonds à placer pour du court terme sur un support sans risque, n’allez-vous pas faire le tour les livrets A, livrets orange, SICAV monétaires et autres placements « euro » pour trouver celui qui vous apporte le meilleur rendement ?

Il en est de même avec un portefeuille financier quel qu’il soit, et c’est le bon sens même que de chercher à optimiser le rendement à un risque donné. Là où cela se complique, c’est dans la mise en pratique…

Car il va falloir d’une part savoir quel risque on est prêt à courir, et d’autre part comment optimiser le rendement. Pour un placement court terme sans risque, c’est simple. Mais pour un placement moyen ou long terme, comment déjà définir de façon suffisamment précise le risque que l’on est prêt à prendre ? Comment ensuite évaluer et mesurer ce risque ? Et enfin, comment être sûr que ce risque ne va pas évoluer pendant la durée de notre investissement ?

Comme le dit la très belle formule « les performances passées ne présagent pas des performances futures », je dirais que « les risques passés ne présagent pas des risques futurs »… Nous voilà donc bien avancés côté risque…

Et côté optimisation des performances ? Là aussi, les choses sont loin d’être simples, à partir du moment où il n’est pas possible de garantir quelque performance que ce soit en dehors de rendements monétaires.

Si vous prenez un portefeuille investi à 100% en actions, et en faisant abstraction du fait qu’il existe des actions plus risquées et plus volatiles que d’autres, comment faire pour optimiser sa performance « à coup sûr » ?

On peut bien sûr à cet instant faire intervenir le talent du gestionnaire ou de l’investisseur, mais de là à savoir si on peut vraiment optimiser les résultats de façon un peu plus systématique et rassurante…

Beaucoup ont donc cherché à modéliser les marchés, analyser et catégoriser les valeurs, pour obtenir le Graal, à savoir un modèle ou un système qui leur donnerait une performance maximale à risque donné.

Pour cela, ils se sont justement appuyé sur les travaux de Fama, Tobin et Markowitz, ou encore Sharpe pour en arriver à la formule du modèle de marché, au MEDAF vu hier et au fameux « bêta » d’un titre, qui correspond à la réactivité d’un titre par rapport aux variations de marché (ou encore à l’intensité de covariation entre l’espérance de rentabilité du titre Ri et celle du marché Rm pour les mathématiciens et statisticiens, ou dit encore autrement à la pente de la droite de régression linéaire de Ri sur Rm).

Soit me direz-vous, ça à l’air bien beau, mais est-ce que ça marche ? Eh bien c’est ce que je vous propose de voir dès demain, pour la suite et fin de cet article.

(Lire la fin ici)

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