Doit-on compter sur un rallye de fin d’année en 2010 ?

Alors que le CAC progresse de près de 8% depuis le début du mois, certains répondront que la réponse n’est pas bien compliquée et n’a pas grand intérêt puisque nous sommes à la mi-décembre. Ils se trompent! Nous l’avons vu l’année dernière, dans notre analyse relativement détaillée des rallyes de fin d’année : si rallye il y a, c’est uniquement sur la seconde quinzaine de décembre qu’il est possible d’en tirer quelques statistiques un tant soit peu exploitables.

Revenons tout d’abord sur les résultats de cette analyse, complétée des données de l’année 2009, en reprenant les graphiques de chacune des 22 années d’existence du CAC, le mois de décembre étant encadré en rose :

Rallyes3
Rallyes4

En considérant l’ensemble du mois, l’analyse de ces graphiques ne nous donne que 10 rallyes sur 22 années tel que définis l’année dernière, c’est à dire seulement 10 progressions un minimum régulières sur le mois de décembre. Il est toujours donc bien impossible de parler de traditionnel rallye de fin d’année avec de telles statistiques.

Mais l’intérêt de l’analyse n’est pas là. Confirmant ce que nous avons vu l’année dernière, les 10 rallyes relevés se sont tous déroulés des années de hausse. Et sur 14 années de hausse, 10 ont connu un mois de décembre haussier, tandis qu’il n’y a eu aucune hausse en décembre les années où le CAC terminait stable ou en repli…

Le problème, c’est que l’année 2010 s’inscrit pour l’instant en légère baisse. Si les statistiques sont respectées, deux solutions s’offrent à nous :
– une poursuite sensible de la hausse sur la seconde quinzaine de décembre, permettant au CAC de terminer l’année dans le vert tout en validant un rallye de plus,
– ou une forte rechute d’ici fin décembre, pour respecter le fait qu’aucune hausse en décembre ne s’est déroulée une année ou le CAC terminait stable ou en repli…

N’oublions toutefois pas qu’il ne s’agit que de statistiques : aucune certitude donc, d’autant qu’elles n’ont été établies que sur 22 années… C’est un peu léger. Cette année est par ailleurs un peu particulière, puisque le DAX ou les indices US sont eux clairement positifs : sachant que les marchés ont quand même tendance à se suivre à court terme, un rallye sur la seconde quinzaine de décembre sur ces marchés pourrait aider à avoir un rallye sur le CAC.

Venons-en justement à l’analyse de la seconde quinzaine de décembre : sur 22 années considérées, 17 ont vu une hausse sur la seconde quinzaine de décembre. Plus de 3 fois sur 4, le marché enregistre donc une hausse sur la deuxième quinzaine de décembre. Mieux, sur les 14 années de hausse sur les 22 considérées, les 14 ont vu une hausse sur la deuxième quinzaine de décembre. Les 3 autres hausses de la dernière quinzaine ont eu lieu deux fois quand la bourse de Paris a terminé l’année autour de l’équilibre, et 1 seule fois une année de repli.

Pour cette année 2010, toute la difficulté vient du fait que le CAC s’affiche pour l’instant en léger repli. Difficile donc d’utiliser la statistique s’appliquant sur les années de hausse, même si une poursuite de la hausse sur la seconde quinzaine de décembre pourrait permettre au CAC de passer dans le vert sur l’année. Pour autant, quelque soit l’évolution du CAC sur l’année, la seconde quinzaine de décembre est haussière plus de 3 fois sur 4. Avec celle seule statistique, il y a donc de bonnes chances d’assister à une hausse d’ici la fin de l’année.

Reste que lorsque l’on regarde l’ampleur de la hausse enregistrée depuis le début du mois, il est un peu plus délicat d’anticiper une poursuite de cette hausse, du moins pour pouvoir parler de rallye, c’est à dire une hausse un minimum régulière et soutenue. Cela voudrait dire en effet un mois continu de hausse sans la moindre consolidation, pour un bilan sans doute supérieur à 10%!

Si cela reste naturellement une option envisageable, sur la lancée par exemple des places américaines et avec l’attirance du niveau psychologique des 4000 pts, le plus « acceptable » serait peut-être un scénario similaire à celui de 2006, année qui avait vu également un repli sur novembre, avant une rapide reprise début décembre, pour une fin de mois haussière mais plus hésitante. Le marché n’était toutefois pas positionné de la même façon par rapport à ses moyennes mobiles notamment. Alors ?

En conclusion :

Nous sommes donc en fait dans une situation relativement inédite, qui ne rend pas évidente toute anticipation statistique. Le seul élément sur lequel nous pouvons nous appuyer est que la seconde quinzaine de décembre est haussière plus de 3 fois sur 4, et qu’à chaque fois que le mois de décembre s’est soldé par une hausse, la seconde quinzaine a été haussière. Considérant que, avec près de 8% au compteur, le mois de décembre a de très fortes chances d’être haussier, la seconde quinzaine devrait donc l’être également… (même s’il s’agit là quelque part d’une inversion du résultat pour arriver à nos fins… 🙂 ).

Rendez-vous quoiqu’il en soit en janvier pour un bilan sur le 23ème mois de décembre depuis la création du CAC…

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