Sell in may and go away ? – partie I

Le fameux dicton boursier « Sell in may and go away » (« Vends en mai et va t’en ») fait son grand retour dans les médias, comme chaque année à l’aube d’un mois qui fait peur aux investisseurs. Si le dicton ne dit d’ailleurs pas s’il faut sortir début, mi ou fin mai, il semblerait, selon les différentes recherches que l’on peut faire, qu’il faille sortir le 1er mai… pour ne revenir que le 1er novembre.

Quoiqu’il en soit, les études sur le sujet donnent des résultats controversés, selon que l’on étudie les marchés américains ou le CAC par exemple. Début 2010, je m’étais livré à une étude des points hauts et points bas remarquables sur le CAC, et leur survenance au cours de l’année. Avant d’étudier deux stratégies différentes s’appuyant sur ce fameux dicton, que nous verrons demain, je vous propose une petite mise à jour de cette étude après une année 2010 relativement volatile.

Comme lors de ma précédente étude début 2010, je me suis appuyé sur un graphique mensuel du CAC, en recherchant des points hauts et points bas majeurs.

Ces points ont été sélectionnés selon un critère à la fois simple et arbitraire : pour être considéré comme point haut, un point du graphique doit avoir été précédé d’une hausse d’au moins 15 à 20%, et avoir été suivi d’une rechute d’au moins 15 à 20% également. De même, pour pouvoir considérer qu’un point du graphique est un point bas, il doit avoir été précédé d’une chute d’au moins 15 à 20%, et avoir été suivi d’un rebond d’au moins 15 à 20%.
Cette étude ne peut pas être considérée comme une référence statistique, en raison d’un nombre d’occurences relativement faible, mais l’analyse du graphique ci-joint n’est en tout cas pas dénuée d’intérêt. Y sont cerclés de bleu et de rose les différents points hauts et points bas retenus pour notre étude.

Avec de tels critères, nous avons obtenu 13 points hauts et 13 points bas remarquables depuis l’origine du CAC, qui se répartissent comme suit dans le tableau ci-dessous. L’année a été présentée de décembre à novembre pour une meilleure lisibilité des résultats.

Avec un seul point haut supplémentaire et un seul point bas supplémentaire, il est normal de retrouver la même saisonnalité globale que lors de ma dernière étude. A noter que le point haut de 2010, survenu à 2 points près en janvier et avril, a été reporté exceptionnellement sur janvier et avril (en bleu clair), n’ayant pas su si je devais considérer le point haut effectif (4088 en janvier 2010), ou le plus tardif et plus proche de la chute permettant de le définir en tant que tel. Je pencherais plutôt pour ne retenir que avril, mais que ce soit l’un ou l’autre, on notera que l’on reste dans les zones vertes correspondant aux zones de survenance les plus fréquentes de points hauts.

Les points hauts majeurs

Le mois de mai reste le mois phare, avec 6 occurrences sur 13, sachant que le sommet intervenu en juin est celui de 2007 … survenu le 1er juin! On peut donc considérer que 54% des sommets majeurs sur le CAC ont eu lieu en mai. Quoiqu’il en soit, et comme lors de notre dernière étude, cette zone a en fait été élargie entre avril et juillet, pour mieux respecter ce que nous donne la vision du graphique. Plus de 3 point haut majeur sur 4 sur le marché se forment donc entre mi-avril et mi-juillet.

La seconde période un tant soit peu remarquable est la période de décembre à février, avec 3 voire 4 occurrences.

Un seul sommet « sort » donc toujours de ce spectre : il s’agit de celui de septembre 2000, au plus haut de la bulle internet. Un sommet loin d’être anecdotique, mais qui n’avait dépassé que de 2.4% celui intervenu au mois de juin précédent…

Les points bas majeurs

Concernant les points bas, le spectre obtenu est là aussi particulièrement intéressant, avec deux mois phares : les mois de mars (5 occurrences – 38%) et le mois d’octobre (4 occurrences – 31%), soit plus de 2 points sur 3 qui interviennent l’un de ces deux mois là.

Et si on considère que le point bas de septembre 2001 est un peu « à part » en raison des attentats du WTC, se situant de toute façon qu’à 10 jours du mois d’octobre (point bas survenu le 21 septembre) et pouvant donc presque être assimilés aux occurrences d’octobre, il nous reste seulement trois « intrus »… dont notre point bas de mai 2010.

Le premier est celui du mois de janvier 1991 : un cas finalement assez proche de celui de la bulle internet, avec un point bas qui avait fait suite à un précédent en septembre 1990 situé seulement 3% plus haut. Un investisseur qui aurait donc considéré que le point bas avait été réalisé en septembre-octobre 1990 n’aurait donc pas connu de grosses frayeurs.

Le deuxième est celui du mois de juin 2006. Il s’agit d’un cas très limite, que nous avons hésité à prendre en compte, puisque l’écart entre le point haut du mai et le point bas de juin est de 16.7% ou -14.3% selon le sens considéré.

Le troisième est enfin celui de mai 2010, qui a fait suite à un plongeon particulièrement violent ayant pris sa source sur le point haut survenu le 16 avril à 4086 pts. Un cas en fait très similaire à celui de 2006, avec un nouvel impact tout début juillet.

Est-ce à dire qu’il faut s’attendre à une évolution à venir similaire, et la formation d’un point haut majeur en mai-juin 2011, à l’image du point haut de mai-juin 2007 ?

On est en tout cas dans une « anomalie statistique » par rapport à notre étude actuelle, et la survenance d’un point haut possible en mai-juin 2011 sera à surveiller avec attention.

Je terminerai comme l’année dernière cette petite étude par la même constatation : il est quasiment possible de superposer ces deux calendriers sans que points hauts et points bas ne se chevauchent : il y a donc bien des périodes de l’année bien plus favorables pour la matérialisation de points hauts (printemps notamment, et dans une moindre mesure les 3 mois d’hiver), et d’autres pour les points bas (et notamment les mois de mars et d’octobre).

Il s’agit toutefois toujours de prendre un peu de recul par rapport à de telles statistiques, quand on sait que le mois de mai est le mois principal de versement des dividendes, avec un impact évident sur l’évolution du CAC (cf. notre article « CAC 40 et dividendes » ). On notera également que ces résultats ne sont pas du tout transposables au SP par exemple. Ne croyez donc pas avoir trouvé une méthode miracle pour investir en bourse, même si nous verrons demain en étudiant deux systèmes de gestion basés sur ce fameux dicton qu’il y a peut être quelque chose à en tirer.

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