Confier la gestion de ses avoirs à un professionnel : les différentes formules, avantages et inconvénients

L’éclatement de l’affaire Madoff, qui s’ajoute aux faillites de centaines de fonds d’investissements et banques d’affaires américaines, ou encore aux difficultés l’été 2007 des fonds de liquidités boostés au subprimes est l’occasion idéale pour faire une petite revue de la gestion déléguée.

Tout le monde n’a pas le temps ou les compétences pour gérer son patrimoine financier. Il est alors naturel de se tourner vers un spécialiste, une banque, compagnie d’assurance ou une société de gestion. Mais quelles sont les différentes possibilités, et surtout quelles en sont les caractéristiques, et bien sûr les avantages et inconvénients ? Lire la suite...

Le premier réflexe, lors que l’on dispose d’économies, est de se tourner vers sa banque (lors que ce n’est pas elle qui vient vous chercher lorsque vous avez des liquidités sur votre compte :-)). Il existe aussi des sociétés spécialisées, les sociétés de gestion ou sociétés de bourse, dont l’activité principale est la gestion pour compte de tiers, au travers de fonds ou via la gestion sous mandat.

Les différentes formules et supports

Vous aurez alors le choix de diverses formules d’investissement : la gestion conseillée, la gestion déléguée, la gestion sous mandat, que ce soit dans un compte titre, un PEA, ou dans le cadre d’une assurance vie. Pas simple de s’y retrouver, même si votre choix sera là dicté par vos besoins, votre situation fiscale ou votre durée d’investissement.

Si vous souhaitez un investissement plus flexible, vous vous tournerez vers un compte titre, en gestion conseillée ou gestion sous mandat. Si vous privilégiez un investissement moins réactif, mais avec des avantages fiscaux ou de transmission, vous privilégierez le PEA ou l’Assurance Vie, en gestion déléguée ou gestion sous mandat.

Selon l’orientation et la personnalisation que vous souhaitez pour votre placement, selon sa taille, et selon que vous accorderez une importance toute particulière ou non à la relation avec le gérant de vos avoirs, vous vous orienterez alors plutôt vers une banque, ou une société spécialisée comme une société de gestion ou société de bourse. Nous détaillerons tout ceci lors d’un prochain point.

Mais quels que soient les choix précédents, vous aurez globalement la possibilité d’investir essentiellement au travers de deux catégories d’investissement :
–    les fonds d’investissement, catégorie dans laquelle on retrouve les OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières), parmi lesquels les SICAV, les fonds de pensions, les hedge funds, etc…, et même des fonds de fonds.
–    et les valeurs mobilières ou titres vifs, regroupant les actions, obligations, ou produits dérivés détenus en nom propre.

Les principaux avantages et inconvénients que nous allons voir découlent pour beaucoup de cette distinction de support d’investissement. Et au fur et à mesure de l’avancée de la crise que nous connaissons, force est de constater que la balance penche de plus en plus…

Les fonds d’investissement

En effet, si les fonds d’investissement ont pour principaux avantages une certaine simplicité, une diversification facilitée et un très (trop ?) large choix (on a l’embarras du choix, ou le choix de l’embarras, selon la formule d’un célèbre humoriste Content), leur principal inconvénient est en train de prendre sérieusement le dessus, à savoir leur opacité.

En effet, si les fonds font l’objet de réglementations et contraintes plus ou moins fortes, les différentes affaires mentionnées au début de cet article sont le fruit de cette opacité de fonctionnement.

On apprend ainsi que les épargnants français ayant investi dans des OPCVM pourraient perdre « plusieurs centaines de millions d’euros » à cause de la fraude Madoff, a estimé l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). Toujours d’après l’AMF, qui donne quand même son agrément pour la mise sur le marché de la majorité des fonds d’investissement, un « nombre significatif » d’OPCVM de droit français « détiendraient dans des proportions variables des actifs subissant les conséquences de l’affaire Madoff ». Voilà qui semble bien vague et bien flou, et montre qu’il est finalement bien difficile de connaître précisément les compositions de chaque fond, qui sont souvent à tiroirs multiples.

Les clients des banques d’affaires américaines et de leurs fonds alternatifs étaient-ils au courant de l’importance de leurs effets de levier, ou de positions particulièrement spéculatives ? Les clients des fonds de liquidités améliorés (monétaires dynamiques) en 2007, qu’ils croyaient sécurisés, avaient-ils un moyen de savoir qu’une partie était investie dans les subprimes ?

Que les fonds soient plus ou moins réglementés, on s’aperçoit ainsi bien vite qu’il y aura toujours une importante part d’opacité, qui en augmente ainsi naturellement le risque. Alors certes, et notamment en ce qui concerne les fonds alternatifs, on trouvera là des stratégies d’investissement particulièrement variées et novatrices, inaccessibles par d’autres voies. Mais elles s’accompagnent d’une liquidité souvent faible (notamment en sortie…), d’un risque potentiellement important, et d’une importante opacité.

A cela s’ajoute enfin souvent un certain manque de liquidité et de réactivité. Les fonds ne sont parfois valorisés qu’une fois par semaine, et peuvent faire l’objet de délais d’entrée ou de sortie.

La gestion en titres vifs, ou titres en direct

En face de cela, la gestion en titre vifs est en train de reprendre du galon. En effet, la principale caractéristique en est la détention en toute transparence des différents titres qui ont fait l’objet d’investissements. Au lieu de détenir une part d’un fond, dont on ne sait trop quelle est la composition et comment évoluera la valorisation, l’investisseur détient en direct et à son nom les titres acquis. Il est donc propriétaire directement de ces titres, et a surtout le loisir de connaître quelle est exactement la composition de son portefeuille.

C’est un avantage non négligeable par les temps qui courent, auquel s’ajoute, notamment dans le cadre d’une gestion sous mandat, une relation privilégiée entre le client et son gestionnaire, qui pourra lui apporter des informations bien plus détaillées encore.

Cette transparence se retrouve également au niveaux des tarifs, puisque le client a accès directement aux opérations réalisées sur son compte. Il connaît donc exactement quand et combien de frais lui sont prélevés. A l’inverse, dans le cadre d’un fond d’investissement, et en dehors des droits d’entrée et sortie, il est bien difficile de savoir par exemple quels sont les frais de courtage prélevés lors de chaque transaction au sein du fond, ou sur quelle base est prélevée la rémunération du gestionnaire.

Autrefois réservée aux grosses fortunes, la gestion sous mandat devient par ailleurs de plus en plus accessible. Il est même désormais possible d’investir en titres vifs dans le cadre d’une assurance vie.

Le principal inconvénient restera en fait le choix des stratégies d’investissement, limité aux stratégies les plus classiques, avec investissements actions/obligations/monétaire et sans effet de levier. Exit les stratégies d’arbitrage, les investissements à levier, et autres stratégies alternatives.

En résumé, voici donc des petits tableaux qui je nous l’espèrons vous aideront à y voir un peu plus clair. N’hésitez pas à nous contacter pour plus de détails ou renseignements. Nous vous rappelons également que nous avons sélectionné un certain nombre de partenaires de confiance à même de vous renseigner et vous proposer éventuellement les différents supports abordés dans cet article. Nous ne saurions que trop vous conseiller d’aller faire un petit tour sur la page « Partenaires » et nous contacter pour en savoir plus.


Et rendez vous dans un prochain article pour passer en revue les diverses formules de gestion : conseillée, déléguée ou sous mandat.

(Lire la suite ici)

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